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 Chambre n°125

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MessageSujet: Chambre n°125   Mar 4 Juil - 17:51






Chambre n°125






La chambre n°125 est la cinquième du couloir à droite. Les murs sont bleus, le lit confortable a des draps blancs et à côté de la fenêtre, d'où on peut voir l'extérieur, bien que l'inverse ne soit pas vrai. Une table de nuit en bois clair flanque le lit, avec une lampe de chevet. Au-dessus du lit, on a une étagère qui peut servir de bibliothèque, entre autres choses. Une armoire à pharmacie, que seuls les employés peuvent ouvrir, est emplie de potions et onguents de soins. Une cloche magique, fixée à l'étagère au-dessus du lit, permet d'appeler quelqu'un en cas de problème.

[Les règles classiques du RP s'appliquent ici]




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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Mer 29 Aoû - 19:26




Une potion, ou quand l'expérience revient comme un boomerang


Vendredi 21 novembre 2018, vers 00h30.
RP avec Kathleen Sherwood
 


Nuit. Ce mot à lui seul résumait tout. Il commençait à être tard, et la journée avait été bien animée par un griffon et ses pérégrinations en ville. Heureusement la plupart des victimes ne souffraient que de blessures légères, et la plupart étaient rentrées chez elles à la fin de la journée. Nous n'en avions gardé qu'une poignée en observation, et le service du premier étage paraissait presque vide. Je venais de faire le point sur le planning de la nuit et des premières lueurs du jour avec mes collègues et les quelques internes qui allaient rester avec moi ce soir. Mis à part la surveillance de l'état de nos "clients" et les urgences imprévues, nous nous préparions une nuit calme. Assis derrière mon bureau, avec une tasse de thé encore fumante, je laissais échapper un bâillement à m'en décrocher la mâchoire. Puisque l'heure du crime venait de passer, je pouvais bien m'accorder un peu de repos. Après tout, les autres sauraient bien où me trouver en cas de problème, ils le faisaient toujours…


Mais comme l'un de ces jours où rien ne va, je n'avais pas fermé les yeux depuis deux minutes que déjà j'entendais un bruit de cavalcade dans le couloir. La porte de mon bureau s'ouvrait à la volée sans même que l'on ait frappé auparavant, mais je ne relevais qu'une paupière avant de m'enquérir du problème en question. Un problème qui me faisait bondir de mon siège lorsque j'entendais son nom. Kathleen Sherwood était de retour, et pas pour une visite de courtoisie.


- Mettez-la en 125 ! intimais-je à l'équipe qui l'amenait sur une civière en enfilant ma blouse. Je reconnaissais un uniforme différent de ceux portés à l'hôpital et saluait l'infirmière de Poudlard qui le portait. Elle m'expliquait rapidement le problème avec l'élève, mais j'avais déjà l'idée que c'était lié à la potion que je lui avais donné lors de sa dernière visite. Qu'elle ne l'ait pas prise ou mélangée à je ne sais quoi pouvais expliquer son état pitoyable, mais c'était apparemment pire que ce à quoi je m'attendais. Si elle était dans cet état, c'était à cause de la potion. De ma potion. Et visiblement, la réaction n'était pas tout à fait celle que j'attendais. Un éclair de lucidité me traversait lorsque j'entrais dans la chambre : si Kathleen n'était pas en danger immédiat, sa vie pouvait devenir très compliquée à l'école si aucune précaution n'était prise. Je me retournais et prenait à part l'infirmière afin de lui parler.


- La réaction de ce soir est liée à ses visites régulières ici. Si tu es venue avec un préfet, il faut absolument qu'il se taise sur ce qu'il a vu ou entendu. Je ne vais pas te mentir, ce que Sherwood a est très grave. Je te la rendrais en forme, mais elle ne pourra pas revenir demain, peut-être même plus tard. Personne ne doit savoir, je compte sur toi.


Je la laissais là et retournais m'occuper de l'élève de Serpentard qui avait été transférée sur le lit de la chambre pendant que je discutais. Il était difficile de dire si elle était consciente ou pas, bougeant faiblement et marmonnant des paroles incompréhensibles. Je la tournais sur le côté et commençais à regarder ses plaies dans le dos lorsqu'un jeune guérisseur la faisait revenir en utilisant un Evernatum. Il voulait bien faire… Mais c'était bien la pire idée au pire moment. La rousse revenait bien à elle, mais c'était pour hurler et se tordre de douleur. Surpris pendant une seconde, je la rendormais l'instant qui suivait et la regardais retomber sur le matelas, alors que des larmes roulaient encore sur son visage rougit par la douleur et la fièvre.   

Je dispersais l'équipe, demandant que l'on me laisse seul avec elle, ne désirant que des fioles vides. Au final je gardais avec moi l'interne qui me ramenait les récipients. Il fallait qu'il apprenne, et cela n'allait pas arriver en l'envoyant dormir. Il m'aidait à retourner Kathleen sur le ventre avant de découper le haut de la rousse par le milieu, laissant apparaître les énormes cicatrices qui luisaient à la lumière du plafonnier.



- Loup-garou, répondais-je à la question muette du jeune homme. Elle été attaquée il y a des années sans développer de symptôme, mais il y a une sorte de résonnance lycanthrope à chaque pleine lune. J'ai essayé une nouvelle potion, mais ce n'est pas allé comme prévu… Met un bécher à coté d'elle et récupère ce je vais extraire des plaies.


Il s'exécutait alors que je commençais l'opération. La potion que j'avais donné à Kathleen avait fait son effet et s'était concentrée sur les marques de son attaque, mais cette partie de son corps semblait combattre la et la repoussait. Il fallait insister, mais je réussissais à faire sortir tout le liquide suintant des cicatrices. Mélange aussi étrange qu'intrigant de potion, de sang et de pus, j'en faisait partir une quantité impressionnante. De plus en plus inquiétant…
Il me fallait plus d'une heure avant de nettoyer complètement la plaie, mais à l'issue de l'opération son état se stabilisait et revenait à la normale. La fièvre baissait jusqu'à disparaitre, et la vert et argent était beaucoup moins agitée. Sans dire qu'elle ferait de beaux rêves, elle passerait une nuit plus calme qu'elle n'avait commencée. Je tirais la couverture sur la demoiselle et m'écartais du lit. Elle allait être particulièrement remontée à son réveil. Comme si elle avait besoin de munitions pour ses remarques cinglantes…


Je m'appuyais contre le mur et fermais les yeux. Enfin un peu de calme…



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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Ven 31 Aoû - 1:21


"S'il te plaît..."

Vendredi 21 novembre, vers 4h00
Avec Sam Walker

Il était environ quatre heures lorsque Kathleen se réveilla sur le lit aux draps blancs. Elle savait où elle était : à l'hôpital. Son haut lui avait été retiré et, ne portant pas de bas, il ne lui restait en somme que son bas de sous-vêtement. Couchée sur le ventre, comme d'habitude, me direz-vous, elle dut cligner des paupières à plus d'une reprise avant de parvenir à ouvrir les yeux. De la porte entre-ouverte, une lumière vive entrait dans la chambre. Dans la pièce elle-même, seule la lampe de chevet était allumée, éclairant l'endroit d'une lumière orangée.

Elle ne se souvenait pas de tout. La seule chose dont elle se rappelait encore, c'était la vive douleur qui l'avait faite sombrer dans une folie pure. Elle ne savait plus qui était présent à ce moment-là, qui ne l'était pas... Tout ce qu'elle savait, c'est que son dos lui faisait mal et qu'elle désirait, non, je rectifie : elle avait besoin d'anti-douleurs. Ses yeux s'étant finalement habitués à la luminosité, elle vit Sam, assis contre le mur, les jambes repliées et sa tête enfouie dans ses bras qui étaient croisés sur ses genoux.

Même si, au fond d'elle, elle était encore persuadée que le médicomage était responsable du mal dont elle souffrait, elle était trop faible pour s'en prendre à lui. Elle ne parvenait pas à bouger, ne pouvant par conséquent pas tendre son bras pour attraper le fil qui permettait de faire teinter la cloche magique ; cette cloche qui permettait de faire comprendre aux membres du corps médical qu'elle avait besoin de quelque chose. Elle n'avait donc pas d'autres choix que de s'adresser à celui qu'elle considérait comme coupable de ses maux.

C'était en effet Sam, et Sam seul, qui lui avait concocté la potion qu'elle avait prise. Alors certes, elle avait eu l'effet recherché : le mercredi 5 novembre, soir de pleine lune, Kathleen n'avait pas ressenti de douleurs trop importantes et avait réussi à dormir plus ou moins normalement. Cependant, le souci était que les effets secondaires dûs à l'accident dont elle avait été la victime n'avaient en réalité été que repoussés jusqu'au soir de la nouvelle lune, moment auquel ils ont ressurgi plus vivement que jamais.

Après avoir compris que, si elle désirait se rendormir, elle n'avait pas d'autres choix que de demander de l'aide afin de pouvoir oublier les quelques douleurs qu'elle commençait à ressentir à nouveau, elle appela le médicomage par son prénom. Sa voix, trop faible, ne fut pas entendue. Elle se racla la gorge, et recommença à plusieurs reprises, finissant par réveiller le brun d'un "Sam !" plus audible que les autres. Ses yeux remplis de larmes, elle lui lança une fois qu'il avait relevé son visage endormi vers elle :

"J'ai mal... Fais quelque chose..."

Une fois le médicomage près d'elle, elle profita du fait que la main de Sam se trouvait proche de la sienne pour l'y glisser. Emmêlant lentement ses doigts aux siens, elle exerça une légère pression, comme pour le remercier. Elle hésita un instant avant d'ouvrir la bouche pour prendre la parole. D'une voix presque suppliante -j'ai bien dit "presque"-, elle lui demanda dans un murmure, employant pour la première fois un terme qu'elle ne lui avait jusqu'alors jamais dit sérieusement :

"Ne pars pas... Ne me laisse pas seule... S'il te plaît..."

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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Dim 23 Sep - 14:49



Une potion, ou quand l'expérience revient comme un boomerang


Je me réveillais en sursaut en entendant mon prénom. Je m'étais endormi sans m'en rendre compte à coté du lit où Kathleen avait été installée. Dure journée vous dis-je ! Son appel m'avait tiré d'un sommeil sans rêves et pas vraiment réparateur, et je me levais en baillant à m'en décrocher la mâchoire. Elle avait vraiment choisi la mauvaise nuit pour venir… Mais au moins elle confirmait en même temps la loi de Murphy. Sa voix faible était le pire appel à l'aide que je ne l'avais jamais entendu prononcer, et elle ne devait vraiment pas aller bien pour se comporter comme ça. Je n'étais même pas tenté de lui faire la remarque : ce n'était pas le moment pour ça. Je la connaissais très bien désormais, mais elle restait une patiente en attente de soins, et je ne faisais tout bonnement pas d'humour à ce stade-ci. Dans quelques heures, lorsqu'elle ira mieux et sera reposée -tout comme moi par la même occasion- oui peut-être. Mais pas maintenant.

Je déverrouillais le placard où étaient conservées quelques potions génériques et faisais venir à moi un antalgique. La rousse avait les yeux pleins de larmes, elle devait vraiment souffrir ; et ce que j'avais entre les mains n'allait pas suffire. Je tirais sur la clochette pour appeler du renfort, et serais les doigts de Kathleen qu'elle avait faiblement glissé dans ma main. Kathleen la terrible, qui n'avait d'habitude pas la langue dans sa poche, avait besoin d'être rassurée. La douleur, en plus d'être insupportable, devait lui rappeler la nuit où elle avait été attaquée ainsi que le risque permanent que représentaient les cicatrices qui ornaient son dos.


- Ça va aller. Je parlais d'une voix calme et douce pour la rassurer. Je suis là. Tu va t'en sortir, je te le promets.


La porte s'ouvrait subitement et un soignant entrait dans la pièce. Un peu surpris de me voir déjà au chevet de la rousse, il s'exécutait immédiatement lorsque je demandais de l'eau et un onguent particulier. Je devais avoir ma tête des mauvais jours et des cas sérieux, et tout ceux de l'étage savaient qu'il ne fallait pas poser de question ou lorsque cela arrivait. En attendant qu'il revienne, je demandais à Kathleen de se mettre sur le coté et de boire la potion que j'avais dans la main. Elle ne serait pas complètement sédatée, mais j'espérais que ça l'aiderait au moins un peu. L'autre revenait cinq minutes plus tard avec tout ce qu'il me fallait et demandait même si j'avais besoin d'aide, mais la seule chose que j'attendais désormais était d'avoir du calme et il repartait aussi vite qu'il était arrivé. Je tendais un verre d'eau à l'élève et commençais à préparer le baume. 


-Tiens, bois ça. Ensuite il faut que tu te remettes sur le ventre. 


Puisque le centre de la douleur était son dos, la pommade allait avoir un effet plus rapide et concentré qu'une potion. Sherwood obéissait sans dire quoi que soit. Elle devait être trop épuisée pour rétorquer quelque chose, ou alors la douleur était telle qu'elle était prête à être gentille le temps des soins. J'appliquais le baume sur toute la surface des cicatrices, profitant du calme de la patiente. Je savais déjà que notre prochaine rencontre allait être beaucoup plus animée que ça…
Après avoir massé son dos pendant une dizaine de minutes, je tirais la couverture sur elle. Reprenant sa main dans la mienne, je m'accroupissais au niveau de son visage. J'avais hésité à la faire dormir à l'aide d'un sortilège, mais je préférais qu'elle s'endorme d'elle-même. Ce serait surement plus agréable pour elle. 


- Dors maintenant. Il faut que tu te reposes, on verra ce qui a foiré demain.



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Kathleen Sherwood
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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Dim 23 Sep - 23:31


"S'il te plaît..."

Suite à l’ordre que Kathleen lui avait donné, Sam s’était immédiatement activé. Il n’avait pas sauté sur l’occasion pour tourner la situation en dérision. En effet, il s’abstenait de faire un commentaire ce qui, comme la demoiselle le connaissait, relevait de l’exploit. Il était vrai qu’hormis le soir où la jeune sorcière était arrivée dans le service le dos en sang, cette fameuse nuit où elle avait été attaquée, elle ne s’était jamais montrée aussi faible devant lui. L’adolescente avait toujours eu la force de faire des remarques cinglantes, même lorsqu’elle était ligotée dans un lit lors des premières pleines lunes qui avaient suivi l’incident. Même avec une camisole de force, Kathleen avait toujours fait preuve d’un humour bien à elle.... Mais pas ce soir. Non. Ce soir elle était faible. Elle n’était pas en colère comme elle l’avait été ; cette rage qui l’avait menée tout droit en soins psychiatriques. Elle était juste... Souffrante.

De toute évidence, Sam accédait même à sa seconde requête : il ne quitta pas la pièce pour aller chercher ce dont il avait besoin. Il sonna la cloche d’alerte, ce qui fit immédiatement venir un aide-soignant. Le médicomage ne lâcha pas la main de sa patiente malgré le regard interrogateur du nouvel arrivant. Kathleen n’aurait pas su dire si le questionnement silencieux de l’homme concernait la proximité des deux personnes déjà présentes ou si il concernait la rapidité avec laquelle le brun s’était retrouvé au chevet de la demoiselle. Cette dernière regarda l’homme ne blouse blanche repartir à travers ses paupières à moitié ouvertes seulement. La rousse obéit avec peine aux demandes de Sam. Elle se mit sur le côté et avala la potion prescrite par l’homme. Elle était trop fatiguée et avait trop mal pour commencer à discuter les ordres qui lui étaient donnés. L’aide-soignant revint rapidement avec un verre d’eau et un onguent.

« Tiens, bois ça. Ensuite il faut que tu te remettes sur le ventre. »

Le fait que Sam formule tout sous formes d’ordre aurait, en temps normal, fait réagir Kathleen. Elle lui aurait fait remarquer qu’un peu de politesse et des tournures de phrases plus gentilles seraient les bienvenues, mais, une fois de plus, elle n’avait ni la force ni la motivation de faire pareilles remarques. A vrai dire, elle était même trop faible pour relever la manière stricte avec laquelle le médicomage s’adressait à elle. Se remettant sur le ventre, la tête sur le côté, la Serpentard s’endormit presque tandis que Sam appliquait l’onguent sur ses cicatrices douloureuses. Kathleen le soupçonnait de l’avoir massée plus longtemps que nécessaire pour tenter de lui faire oublier sa souffrance. Elle n’allait pas s’en plaindre, car ce qu’il lui faisait était fort agréable. Si elle en avait été capable, elle aurait très certainement demandé à ce qu’il continue à la masser au lieu de s’arrêter et de remettre la couverture sur elle.

Utilisant le coin de la couverture, elle essuya ses joues sur lesquelles les larmes avaient commencé à sécher. Elle s’attendait à entendre la porte s’ouvrir et se refermer, annonçant ainsi le départ de Sam, mais, contre toute attente, le médicomage s’accroupit à côté du lit après s’être emparé de la main de sa patiente. Rouvrant ses yeux, elle cligna des paupières à plus d’une reprise avant de plonger son regard dans celui du sorcier. Il lui disait de dormir et de se reposer, ajoutant qu’ils verraient le lendemain ce qui avait produit pareilles douleurs. Kathleen resta un instant immobile, continuant de le regarder. Elle observait ses traits dans les moindres détails. Après un instant de silence complet, elle redressa sa tête et approcha son visage du sien. Elle déposa un baiser sur ses lèvres. Elle le rompit après un instant et s’adressa à lui dans un murmure tout en le fixant de ses yeux clairs :

« Viens t’allonger à côté de moi. Il y a bien assez de place, et tu dois dormir, toi aussi. Reste, s’il te plaît. »


Il était vrai que les lits de l’hôpital étaient assez larges pour accueillir deux personnes si elles se serraient un peu. Kathleen ne voulait pas être seule, mais elle ne voulait pas non plus, apparemment, laisser Sam dormir à même le sol. Elle ne savait pas ce qu’il encourait s’il était surpris en train de dormir à côté d’une patiente qui, en plus, était mineure. A vrai dire, elle n’y pensait pas vraiment. Elle reposa sa tête sur le coussin, la tournant dans l’autre sens pour regarder l’autre côté du lit, là où elle avait invité l’homme à s’allonger. De sa main, elle commença à retirer ses cheveux qui étaient venus se placer devant son visage, lui chatouillant le nez et les joues. Elle n’arrivait pas réellement à les retirer, peinant à les repousser. Finalement, elle abandonna, laissant sa main retomber à côté de son visage et entrouvrant ses paupières pour voir si Sam avait accepté sa proposition formulée en demande.

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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Mar 25 Sep - 17:40



Une potion ou quand l'expérience revient comme un boomerang


"Viens t'allonger à côté de moi" qu'elle disait. Elle en avait de bonnes cette rouquine. On était à l'hôpital ici, pas chez mamie ; et certains avaient des responsabilités. Au moins elle demandait poliment pour une fois… Elle avait raison sur un point cependant : il fallait que je dorme. J'avais envoyé les autres au repos, mais lorsque l'on en est au point de s'endormir contre un mur il faut commencer à envisager un peu de vrai sommeil. Les joies du travail en personnel réduit et des enchaînements de gardes…


Je lâchais la main de Kathleen et esquissais un pas vers la sortie lorsque je m'arrêtais. J'allais lui expliquer que je ne pouvais pas accéder à cette requête, et que ce qu'elle demandait n'était pas possible pour le moment. Mais je n'avais pas le temps de lui répondre que la porte s'ouvrait à la volée. C'était un collègue cette fois, qui affichait un air grave et résumait la situation en quelques mots :


- Sam ! Ils se sont réveillés et ça se bouscule là-bas dedans.


Je répondais d'un hochement de tête laconique et il parait aussi vite qu'il était venu. Pas de repos pour les braves… Je prenais le temps cependant, de me rapprocher de la jeune femme à moitié endormie. Elle s'était serrée dans un coin du lit pour me faire de la place ; preuve qu'elle pouvait vraiment être adorable lorsqu'elle le voulait. Je distinguais ses paupières à moitiés ouvertes, elle avait donc entendu ce qui venait de se passer. Je lui rendais son baiser et lui murmurais que je reviendrais avant de foncer dans le couloir. L'interne qui m'accompagnait depuis quelques temps m'y attendait déjà, prêt à en découdre. 
La situation était pour ainsi dire compliquée. De ce que je comprenais, cinq personnes étaient là à cause d'un Abraxan ayant pété les plombs, deux autres à cause d'une histoire compliquée de Fangieux et de Mandragore (il était presque 5h du matin, les gens n'avaient rien de mieux à faire que bidouiller leur jardin ?!) ainsi que le propriétaire d'un Runespoor qui venait de comprendre de la pire des façons que la troisième tête de son animal était aussi la plus réticente à quoi que soit. Et aussi la plus venimeuse…


Les victimes étaient réparties en fonction de leur état, et j'héritais de l'inconscient reptilophile. Installé en position demi-assise sur un lit de l'hôpital, il semblait encore sous le choc. Correction : il était sous le choc. Tant psychologique qu'anaphylactique. Le pauvre bougre était aussi rouge que gonflé, avait du mal à respirer et n'allait pas tarder à vérifier par lui-même s'il y avait une vie après la mort. Je soupirais. Quel individu sensé se procure un serpent alors qu'il est hautement allergique au venin ?
Je lui préparais une dose de tranquillisant pour calmer tant la douleur que les contractions de son abdomen qui l'empêchaient de respirer correctement. Je voulais faire mon travail, et le faire bien, mais le manque de sommeil faisait son œuvre et le dosage était trop fort. De plus je quittais le patient pour aller chercher de quoi combattre le venin au lieu d'envoyer quelqu'un le chercher, et le type se retrouvait donc sédaté pour deux jours sans surveillance…   Bien entendu une telle animation attirait toujours du monde, et le chef de service était venu plus tôt que prévu, comme réveillé en pleine nuit par un sixième sens qui lui était propre. Il fit le tour de son équipe après la situation se soit calmée un peu, et lorsqu'il entrait dans la pièce où nous nous trouvions faisait rapidement le lien entre le patient endormi, son médicomage à bout et une potion qui tremblait entre ses mains.



- Walker, t'es là depuis quand ? Vu la situation, il ne prenait pas de gants.


- Bientôt 48h monsieur, lui répondais-je honnêtement. Son haussement de sourcils en disait long sur ses pensées à l'instant : qui n'avait pas fait son boulot et m'avait collé autant de garde à la suite ?


- Ok tu rentres chez toi, on va s'occuper du patient.


J'étais heureux de pouvoir aller me reposer, mais je le prévenais d'un petit problème avant de partir.


- Au fait, il y a Sherwood en 125. Problème de pleine lune. Elle est stable, mais il faudrait la surveiller. Je peux faire ça puisque le reste du personnel est occupé.


- Ouais… Il souriait. C'est plutôt elle qui va te surveiller à mon avis. Mais va, petit ange gardien. Repose-toi quand-même, je m'arrange pour que l'on ne te dérange pas trop.


Je le remerciais d'un hochement de tête et le laissais avec l'interne, qui se trouvait désormais avec son patron et ne savais plus vraiment sur quel pied danser. Je passais par mon bureau pour récupérer le fauteuil à roulettes et buvais d'une traite le thé froid qui était resté au milieu des dossiers. Un serpent se succédant à un autre, je retournais ensuite dans la chambre où avait été installée la demoiselle en tirant le siège. 

J'entrais doucement dans la pièce, essayant de ne pas réveiller son occupante. Je prévoyais de m'installer à coté du lit, mais contrairement à ce que je pensais elle ne dormait pas. Si je ne voyais pas ses yeux, je voyais cependant très clairement qu'elle venait de bouger faiblement son bras pour libérer de l'espace à coté d'elle. Je soupirais doucement. C'est qu'elle insistait en plus… Mon regard se posait sur le fauteuil. Il était confortable, mais pour y avoir déjà dormi ce n'était pas le meilleur endroit de l'hôpital -ni le mieux adapté- pour y finir sa nuit. Et après tout qu'est-ce que ça allait changer ? On allait me laisser tranquille de toute façon. Je m'allongeais à coté de la rousse après avoir posé ma blouse sur le dossier du fauteuil. Près d'elle, je distinguais dans la pénombre relative les mèches de cheveux collées sur son visage par la sueur causée par la fièvre. Je les tirais derrière son oreille et lui dis simplement en souriant :




- Aller dors maintenant little fox. Tu en as vraiment besoin.

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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Mer 26 Sep - 0:31



"S'il te plaît..."

La main de l’homme quitta la sienne et Kathleen entendit Sam se redresser. Plus il mettait du temps à contourner le lit, plus elle en venait à se dire que la proposition qu’elle lui avait faite allait être rejetée. Il aurait eu raison de ne pas accepter ; la situation toute entière était loin d’être acceptable. Que ce soit leur relation ou la proposition qu’elle venait de lui faire, la Serpentard ne doutait pas du fait que, si qui que ce soit apprenait cela, les risques étaient grands, surtout pour le sorcier. La demoiselle s’apprêtait à retourner la tête pour voir le médicomage, mais une entrée fracassante la tétanisa et lui arracha une grimace. Elle n’avait pas réellement sursauté, mais elle s’était crispée lorsque la porte avait été ouverte à la volée. Elle ne put qu’entendre la voix du médecin raisonner dans la pièce.

Les paupières à moitié fermées seulement, Kathleen tourna la tête en entendant Sam revenir auprès d’elle. Elle ne parvenait pas à ouvrir ses yeux plus qu’ils ne l’étaient, car la lumière qui s’infiltrait par la porte désormais grande ouverte l’aveuglait. Elle distinguait cependant très nettement la silhouette à contre-jour du médicomage. Il se pencha sur elle et l’embrassa, ce qui eut le don de la faire sourire. Malgré le risque qu’un tel geste impliquait, le sorcier en blouse blanche avait pris le temps de déposer ses lèvres sur les siennes. L’échange n’avait pas duré longtemps, mais il aurait pu être comparé à une salutation faite par un mari s’apprêtant à partir travailler à sa femme à moitié endormie.

Sam s’en alla alors, juste après lui avoir murmuré qu’il reviendrait. D’un côté, elle avait envie de le croire, mais de l’autre, quelque chose lui disait qu’il n’hésiterait pas à rentrer chez lui pour aller se reposer, ou à rejoindre la salle de garde pour y trouver un lit vide de toute personne si l’occasion se présentait à lui. Après tout, il n’en avait sans doute pas grand chose à faire, d’elle... Elle n’était qu’une gamine, et lui était un jeune homme qui devait très certainement avoir beaucoup de succès auprès des femmes. Allez savoir si c’était cette pensée qui fit rouler une larme sur la joue de la demoiselle, ou simplement la fatigue mêlée à la douleur. Quoi qu’il en soit, elle sentit la goutte d’eau quitter le coin de son oeil pour aller se perdre dans ses cheveux, au niveau de son oreille posée sur le coussin.

Malgré sa fatigue avancée, Kathleen ne parvint pas à s’endormir. J’aimerais dire qu’elle se tournait et se retournait dans son lit, mais ce n’était pas réellement le cas. Elle n’avait premièrement pas la force de le faire et, deuxièmement, elle ne pouvait pas se mettre sur le dos, étant donné l’état de ce dernier. L’ample débardeur qui lui servait de pyjama la dérangeait, mais elle ne pensa même pas à le retirer, sachant qu’elle peinerait à se redresser. Il avait été découpé et réparé à plus d’une reprise à l’aide de la magie pour que Sam ait accès à ses plaies. La rousse se demandait comment s’y prenaient les médecins moldus avec les vêtements des patients et des blessés.

Parmi toutes les pensées qui traversaient l’esprit de la demoiselle qui ne parvenait pas à trouver le sommeil, elle tenta de deviner ce qui avait éloigné physiquement Sam d’elle. Quelle urgence pouvait bien mener un médicomage à dire « ils se sont réveillés et ça se bouscule là-dedans » ? On aurait pu croire qu’il faisait référence à des animaux... Mais ils n’étaient pourtant pas dans un cabinet de vétérinaire ! Ne parvenant pas à trouver d’explication rationnelle, Kathleen laissa son esprit vagabonder. Ses yeux désormais grands ouverts s’étaient habitués à la pièce uniquement éclairée par la lumière qui filtrait à travers la porte et elle fixait le mur blanc qui lui faisait face.

Lorsque la porte s’ouvrit, Kathleen ferma immédiatement ses paupières. Elle ne savait pas qui venait de faire son entrée, mais de ce qu’elle entendait, quelqu’un était en train de pousser dans la pièce un objet qui roulait. S’agissait-il d’une chaise roulante qu’un médecin désirait entreposer là pour la nuit ? Peut-être. La porte fut fermée, mais le médecin semblait être toujours dans la pièce. Etait-ce Sam qui revenait ? Oui ! Ça ne pouvait être que lui ! Décalant son bras pour lui faire comprendre que son offre était toujours d’actualité, la rousse comprit que l’objet roulant était en réalité une chaise de bureau. Elle vit donc son espoir de se blottir dans les bras de Sam pour la nuit être anéanti.

Cachant sa frustration, elle rouvrit ses yeux et aperçut dans la pénombre que le médecin retirait sa blouse pour la déposer sur la grosse masse noire qu’elle avait identifiée comme étant une chaise. Et c’est alors que... Que Sam s’allongea à côté d’elle. Il prit même la peine d’enlever de son visage les cheveux qu’elle n’avait pas réussi à retirer elle-même afin de les glisser derrière son oreille. Elle l’écouta s’adresser à elle, puis elle se blottit dans ses bras, déposant sa tête sur son torse. Kathleen appréciait l’odeur dégagée par le médicomage. Elle avait passé tellement de temps avec lui qu’elle avait fini par associer à ce parfum un sentiment indéfinissable ; entre le soulagement et les souvenirs. Elle s’endormit presque immédiatement, comme si son corps n’avait attendu qu’une seule chose : la présence de Sam.

*******
Le lendemain matin, ce ne fut pas le soleil s’infiltrant entre les rideaux tirés devant la fenêtre qui vint réveiller la demoiselle, mais un cri strident. Le premier étage n’était vraiment pas le plus calme de l’hôpital. Il devait sans doute s’agir d’un patient tout juste arrivé et qui souffrait pour une raison ou pour une autre. Soupirant, Kathleen ouvrit les yeux et constata tout de suite que Sam n’était plus allongé à côté d’elle. Elle ne l’avait pas senti partir, ni même entendu. La chaise de bureau du médicomage était toujours là, tout comme sa blouse. Etait-il parti aux toilettes ? Ou avait-il entendu un bruit qui l’avait fait sortir dans le couloir ?

La rousse n’avait aucune idée de la raison qui avait mené le sorcier à quitter la pièce. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’il n’était plus là, que la porte était fermée, mais qu’il n’avait pas emporté sa blouse avec lui. Se décalant sur le lit en se servant de ses bras, Kathleen tendit la main pour attraper le bout de tissu blanc. Elle retira la carte plastifiée qui était accrochée à la poche de la blouse et qui indiquait le nom de famille de Sam et la lança sur la chaise avant de serrer contre son visage le vêtement qu’elle avait roulé en boule. A nouveau enivrée du parfum de l’homme, elle se rendormit pour une durée indéterminée.

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Dernière édition par Kathleen Sherwood le Dim 7 Oct - 10:33, édité 1 fois


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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Ven 5 Oct - 11:01



Une potion, ou quand l'expérience revient comme un boomerang


Vendredi 21 novembre, vers 7h00

Réveillé de bonne heure et bien content des quelques heures de sommeil grappillées durant les dernières heures de la nuit, je m'étais faufilé hors du lit plus furtivement qu'un fléreur pour laisser Kathleen aux bons soins de Morphée. Je ne doutais pas une seule seconde que dans son état elle ne mettrait pas longtemps à se rendormir de toute façon, mais je voulais lui éviter un sommeil en dents de scie très inconfortable.  Elle avait sombré dès que je m'étais installé, à croire qu'elle avait lutée et attendue que je revienne avant de se laisser aller. Accablé par l'un de ces sommeils trop courts qui ne reposent pas assez pour être en forme mais qui empêchent toutefois de fermer les yeux à nouveau, j'avais décidé de faire un tour dans mon bureau et à la salle de garde pour faire le point sur la nuit passée et la journée à venir. J'aurais bien voulu me reposer d'avantage, mais je savais d'une part que cela allait s'avérer impossible, et de l'autre que j'allais très probablement avoir la fin de la semaine en congés pour compenser trois jours pratiquement ininterrompus de surveillance et de soins. La vie d'autres personnes dépendait de notre capacité à travailler en tout temps, et il fallait pour ça être au top. Tous, du nouveau stagiaire au directeur de l'hôpital, savaient que recoudre un patient en dormant sur le scalpel allait mener à la catastrophe et c'est pour ça que les chefs de service avaient une certaine liberté pour manager les plannings. Du moment que les charges étaient équitables et que les patients soignés correctement, les huiles se fichaient pas mal de l'organisation du personnel. 


Je trouvais mes collègues du premier étage rassemblés dans la salle commune. Servant de lieu de repos, de petite réserve de matériel indispensable aux premiers soins et aussi de travail, cet endroit au fond du couloir avait tout naturellement été renommé selon l'antre que nous avions tous appelés notre maison durant la scolarité. Qu'elle ait été immergée dans le lac ou placée en haut de la plus haute tour, tous les élèves s'y étaient sentis chez eux, et il en était de même pour les médecins dans cette pièce. Ceux que je connaissais le mieux osaient me chambrer sur mon "envoi à la sieste" par le chef, alors que les autres se contentaient de sourire. Ça nous était tous arrivé au moins une fois, et à chaque fois le médicomage en question ne se faisait pas rater par les autres au lendemain. L'humour n'avait pas son pareil pour souder les membres d'une équipe, et il avait d'autant plus d'importance dans un métier confronté en permanence à la douleur et bien trop souvent à la mort.
J'apprenais donc que tout nos "clients" étaient soit stabilisés soit guéris, et que la majorité rentreraient chez eux dans la journée. La seule affectation longue durée (ou AFL pour faire plus court) était la jeune rousse qui dormait encore, mais nous ne pouvions pas faire grand-chose pour améliorer son état… C'était le grand paradoxe qui existait lorsqu'il s'agissait de m'occuper d'elle : je savais que la blessure faite par le lycanthrope avait été soignée et cicatrisée du mieux que possible et que rien ne pourrait améliorer le résultat final, mais j'essayais quand-même. Car je voulais avoir confiance en la médecine et en la magie, mais aussi parce que j'étais simplement incapable de d'annoncer à une fille pas encore majeure que malgré le fait que tout avait été mis en place pour lui rendre ce qu'elle avait perdu ce soir-là, je ne pouvais rien contre la souffrance qu'elle éprouvait au quotidien. Je refusais ce constat d'échec, car ce n'était pas ainsi que je voyais mon boulot. C'était à moi d'innover et d'améliorer ce qui existait déjà plutôt que d'admettre un fait qui était probablement erroné. Si on ne s'en tenait qu'à nos acquis, nous serions encore en train de tenter de soigner de la grippe en appliquant des sangsues…  


 L'un d'entre eux me tendait un café que j'acceptais sans rechigner. Premièrement parce que je ne refusais jamais cette boisson, mais aussi parce que j'en avais besoin. En un quart d'heure, j'étais mis au courant des nouvelles du premier étage et du rez-de-chaussée, des ragots de l'hôpital et surtout j'étais de nouveau opérationnel pour la journée. Effet de groupe ? Possible, mais tout ce qui importait était ma capacité à soigner sans erreurs. Assuré que rien d'important ne demandait mon attention, je les quittais et me dirigeais dans mon bureau afin de récupérer le dossier de la Serpentard. Il faisait parti de ceux qui étaient mis en évidence dans un tiroir spécial, à l'écart des autres plus "normaux". Je récupérais au passage un crayon pour annoter la page dédiée aux médicaments. Je consignais tout ce que je savais sur son problème ainsi que chaque potion administrée et leur composition si j'en avais modifié les ingrédients. Dans le cas où quelqu'un d'autre viendrait à s'occuper de son cas, il était important que Kathleen n'ait pas à endurer les tentatives et les expérimentations de mon successeur. Même si d'entre les deux, ça allait plutôt être au sorcier de subir l'élève… A moins de savoir l'apprivoiser, il se préparait un voyage à travers les sept cercles infernaux…


Un grand cri retentissait soudainement. Je laissais tomber ce que j'avais dans les mains et me précipitais hors du bureau dont la porte était restée ouverte. Les hurlements n'étaient pas exceptionnels dans ce service, mais n'étaient pas non plus à prendre à la légère. Je tombais nez à nez avec un autre médicomage qui avait lui aussi entendu le cri. D'un regard nous nous mettions d'accord pour nous diriger vers l'entrée du service. Un guérisseur était déjà là-bas, penché sur un brancard qui nous était encore inconnu. Accompagné par un homme qui semblait effondré, il tentait d'aider une jeune femme. S'il voyait arriver les renforts avec soulagement, le soignant était à deux doigts de virer de la zone de soins car sans ma blouse, j'étais impossible à identifier comme médecin. Mon collègue lui faisait comprendre que je devais rester et nous procédions à sauver la demoiselle.
Attaquée par un animal encore inconnu, elle était profondément lacérée au niveau de l'abdomen et méchamment mordue au cou. Ça ne pouvait pas être un loup-garou car la phase de la lune ne correspondait pas, et pourtant les blessures étaient caractéristiques. Autant de haine dans une attaque, autant de violence et la volonté de détruire la personne, les attaques de lycanthropes étaient aussi rares que spectaculaires. Je prenais place à la tête de la victime pour m'occuper de son cou. Le soignant qui faisait un point de compression à cet endroit me laissait la place, mais il s'écartait une seconde trop tôt et je recevais la projection de sang en plein visage. La carotide était donc touchée. Super, voilà qui compliquait un peu les choses ; et allait en plus me forcer à faire un rapport concernant mon exposition au sang. Il fallait nous y mettre à trois médecins pour simplement fermer les plaies les plus graves. Les spasmes de la jeune femme n'aidaient en rien, mais ils indiquaient clairement son été critique. Elle fut emmenée dans la chambre du Dangereux dès que possible. Elle était presque stabilisée, et était zébrée de plus de blessures qu'un corps humain pouvait en supporter mais nous avions espoir de la ramener parmi les vivants. Elle allait connaître les joies du sang de salamandre dans toutes ses potions…   


Mon aide n'étant plus immédiatement requise, je retournais à mon bureau pour récupérer le dossier de Kathleen et m'occuper de ma patiente. Je m'essuyais rapidement le visage avec un linge que je gardais de coté dans un grand sac -on pouvait toujours avoir besoin de vêtements de rechange ici- et ramassais les feuilles éparpillées lors de la chute ainsi que le crayon gris. La mine en carbone était bien plus pratique qu'une plume pour prendre des notes à la volée.
J'entrais doucement dans la chambre 125 et constatais avec soulagement que la rousse dormait encore. Et aussi qu'elle se servait de ma blouse comme un doudou. Je m'asseyais en tailleur sur la chaise de bureau et couchais le compte-rendu de la potion ainsi que mes impressions sur une nouvelle feuille. Elle avait eu de l'effet, ça s'était certain, mais la réaction avait été beaucoup trop forte. J'avais à l'esprit l'idée de la remplacer par un mélange d'aconit avec quelques grammes de poudre d'argent, le tout dilué dans de l'essence de Murlap. J'en saurais plus au réveil de Sherwood, et décidais de profiter de son sommeil pour aller me chercher un café. Je laissais le dossier sur la chaise et partait trouver une tasse, et si possible un ami pour discuter. 



Est-ce que cette journée allait avoir une fin ?


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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Sam 13 Oct - 11:48


"S'il te plaît..."
Lorsque Kathleen se réveilla à nouveau, rien n'avait changé... ou presque. Un dossier se trouvait désormais sur la chaise de bureau qui était toujours à côté de son lit. Se redressant lentement, la rousse se mit en position assise, grimaçant à chaque geste qu'elle faisait. Dans son dos, une douleur constante se faisait sentir. Il s'agissait certes d'une douleur supportable, mais elle n'en restait pas moins présente. Passant une main dans ses cheveux emmêlés, elle tenta de les discipliner un minimum. Se rendant rapidement compte qu'ils resteraient ébouriffés quoi qu'elle fasse, elle les attacha en un chignon haut d'où plusieurs mèches s'échappaient pour venir encadrer joliment son visage pâle.

Elle ne portait toujours que le haut qui lui servait de pyjama. Frottant ses yeux du dos de ses mains, elle soupira avant de se motiver à quitter son lit pour ouvrir les rideaux qui empêchaient les premiers rayons de soleil d'entrer dans la pièce. S'approchant des pans de tissu, elle s'en empara et les tira. Au final, qu'ils soient ouverts ou pas ne changeait pas grand chose, car à 7h30 le soleil se levait à peine à l'horizon. En passant à côté de la chaise de bureau pour retourner dans le lit, elle s'empara du dossier qui gisait dessus. S'installa en tailleur sur le matelas, elle ouvrit le dossier et commençait à le parcourir de ses yeux clairs.

Allumant sa lampe de chevet pour mieux déchiffrer ce qui était écrit dans son dossier, elle commença alors à parcourir les différentes feuilles sur lesquelles seule l'écriture de Sam, ou presque, apparaissait. Rares étaient les médicomages qui l'avaient suivie plus de quelques jours et, très vite, le Docteur Walker s'était retrouvé seul à s'occuper de son cas. Malgré tout ce qu'elle lui avait fait enduré, il avait tenu à garder son dossier. Bien des feuilles contenaient des informations qu'elle ne comprenait pas.

C'est alors qu'elle tomba sur quelques pages sur lesquelles Sam avait tenté de dresser le profil psychologique de la rousse. Il mentionnait son incapacité à se montrer empathique, son irritabilité, sa méchanceté. Elle ne fut pas touchée par tous ces termes, du moins, pas avant qu'elle ne lise qu'il l'avait qualifiée de "gamine insupportable". La mâchoire de Kathleen se serra. En période de pleine lune, elle aurait certainement déchiré la page de rage, mais là... Elle se contenta de verser une larme qui vint s'écraser sur les mots blessants.

Essuyant rapidement sa joue humide, elle quitta son lit, laissant les feuilles de son dossier éparpillées sur le matelas et la blouse de Sam toujours roulée en boule au niveau du coussin. Elle avait donc vu juste. Elle n'était pour lui qu'une gamine. Bien évidemment, la Serpentard ignorait la date à laquelle cette observation avait été faite, et elle n'avait pas poursuivi sa lecture : elle ne connaissait donc pas les remarques récentes que le médicomage avait faites à son sujet. Sortant dans le couloir, elle vit au bout de celui-ci un soigneur disparaître. Mince. Elle qui voulait parler à un médecin... Ah, en voilà un autre ! Se plaçant devant le sorcier qui s'était arrêté en la voyant, elle répondit par ces mots à son regard interrogateur :

"J'aimerais prendre une douche."

"Ah... Heu... Oui, bien sûr. Suivez-moi."

La demoiselle, pieds nus, suivit le blond à travers le couloir. Il s'arrêta au milieu de celui-ci et ouvrit un placard encastré dans le mur pour en sortir une robe de chambre réservée aux patients : elle était d'un bleu presque blanc et se fermait dans le dos grâce à des boutons-pression. Il la tendit à la jeune sorcière puis lui donna également un linge de douche avant de lui faire signe de le suivre. Il la mena dans une pièce qui contenait une petite cabine de douche et un lavabo. Cette salle d'eau était prévue pour les patients qui désiraient se laver les dents ou se doucher.

"N'oubliez pas de fermer la porte en ressortant. Vous pouvez laisser le linge sur la barre."

"Je sais." répliqua Kathleen.

Oui, elle savait. Ce n'était de loin pas la première fois qu'elle se lavait dans une pièce semblable. Elle avait passé beaucoup de temps dans cet hôpital : bien trop de temps. Refermant la porte derrière elle, elle se déshabilla tout en évitant consciencieusement de regarder son reflet dans le miroir. Elle n'avait pas envie de voir sa peau qu'elle savait pâle, ni ses yeux bouffis à cause des larmes qu'elle avait versées tout au long de la nuit. Se glissant dans la cabine de douche, elle se lava.

Lorsqu'elle sortit de la pièce, elle portait la robe de chambre affreuse qui lui avait été donnée. Dans sa main, elle tenait le haut qu'elle avait porté toute la nuit. N'ayant pas sa baguette, elle n'avait pas pu sécher magiquement ses cheveux qui, par conséquent, dégoulinaient dans son dos et sur son visage. De retour devant la porte de la chambre 125, elle poussa le panneau de bois et vit Sam, debout à côté de son lit, penché sur le dossier. Claquant la porte derrière elle, elle lança son haut sur le coussin blanc et s'adressa à Sam sur un ton cassant :

"Barre-toi."

Peut-être que le médicomage ne comprendrait pas cette réaction pour le moins inattendue. Ou peut-être, au contraire, qu'il parviendrait à faire le rapprochement entre la page de son dossier que Kathleen avait de toute évidence lue en dernier et son apparente méchanceté. Elle glissa ses yeux dans ceux de Sam qui venait de se retourner. Elle ne parvint pas à dissimuler dans son regard une lueur qui ne mentait pas : elle avait été blessée. Elle, Kathleen Sherwood, frissonnant de froid à cause de ses cheveux mouillés, avait été touchée par ce qu'elle avait lu.

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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Dim 14 Oct - 1:32



Une potion


La loi de Murphy avait raison. Invariablement et toujours raison. Je ne trouvais pas de collègue disponible, et encore moins de café à partager. Dépité, j'allais retourner dans la chambre chercher le dossier et commencer à préparer les tests qu'il faudra passer au long de la journée lorsque mon ventre émettait un bruit digne d'un Magyar à pointes. Et un gros en plus. Kathleen était en train de dormir très -et peut-être même trop- paisiblement, et on n'avait pas besoin de moi ailleurs, aussi décidais-je de sortir de l'hôpital quelques minutes afin de trouver quelque chose à manger pour moi et l'ange aux cheveux de feu qui décidait d'apparaitre en pleine nuit pour me réveiller et me chiper ma blouse avant de s'endormir avec. Londres étant la grande ville qu'elle était, il ne me fallait pas longtemps pour trouver ce que je désirais, d'autant plus que je savais très bien où chercher. J'avais été stagiaire à l'hôpital pendant quelques temps, et à votre avis, qui était à chaque fois désigné volontaire pour aller chercher les croissants pour l'équipe ?
Je retournais dans la chambre 125 avec un sac plein, uniquement pour constater que son occupante n'y était plus. Elle s'était réveillée plus tôt que prévu… Les premiers rayons de soleil éclairaient doucement la pièce, rendant l'ambiance presque agréable. C'était si calme… Pas un bruit, pas un cri… Un doux matin au premier étage. A croire qu'on ne peut avoir Sherwood et un service plein. Il y avait peut-être bien une divinité qui veillait sur nous… Je posais le que je venais d'acheter sous le lit et remarquais que le dossier était ouvert sur le matelas, les feuilles éparpillées et dispersées en arc de cercle autour de la place que la Serpentard devait occuper lorsqu'elle y jetait un œil. J'avais été négligeant en laissant la pochette dans la chambre, quelqu'un d'autre aurait pu en lire le contenu et le secret médical était primordial. C'est en rangeant les feuilles que je faisais plus attention à ce que Kathleen avait bien pu lire, et je m'en voulais encore plus en voyant la dernière page consultée. J'y brossais un portrait très négatif de la jeune femme, mais il datait de plusieurs mois et était complétement dépassé. Cependant elle ne le savait probablement pas, et elle avait apparemment quittée sa chambre aussitôt après avoir lu les quelques paragraphes. Elle allait m'en vouloir et me le faire payer… Super. Vraiment. Les yeux fermés, je me pinçais l'arrête du nez en essayant de me préparer à une journée d'enfer lorsque la porte claquait. Le ton de la rousse et sa remarque en forme d'ordre me faisaient presque sortir de mes gonds. Son ressentiment était légitime -quoi qu'elle n'aurait jamais dû lire ces lignes- et je n'aurais d'habitude pas réagis violement mais j'étais très fatigué, et ma patience en avait énormément pâti. Je savais que je n'aurais pas la force d'endurer une Kathleen déchaînée contre moi pendant ne serait-ce que quelques heures, et une colère soudaine m'envahissais sans prévenir. Le manque, en apparence, de reconnaissance pour ce que je faisais pour elle, son caractère bien souvent dur à vivre et mon épuisement du moment s'étaient mélangés et ressortaient sous forme de colère chez un Sam à fleur de peau.


- Petrificus Totalus.


Kathleen se raidissait sous l'effet du sortilège, mais je l'empêchais de se faire mal lors de la chute en la maintenant raide comme un piquet. J'étais en colère mais pas inconscient. Je parcourais la distance qui nous séparait en quelques pas et m'adressais calmement à elle en essayant de dissiper ma colère avec chaque parole qui franchissait mes lèvres. Le soudain changement d'esprit et l'adrénaline qui coulait dans mes veines me faisaient l'effet d'un réveil après une bonne nuit. J'avais l'impression de pouvoir repartir pour une semaine complète sans m'arrêter.


- Tout d'abord, bonjour et heureux de voir que tu vas mieux Little Fox ; et ensuite on va remettre les choses au point. Premièrement les caprices sont interdits ici, donc si je me barre tu repars aussitôt à l'école dans ton état et tu te démerderas pour la douleur et tout le reste. Deuxièmement, si les dossiers médicaux sont secrets, c'est pour une bonne raison. C'est de ma faute si tu as pu lire le tien, mais puisque t'as pas dû en comprendre la moitié on va le reprendre ensemble. 
Je la couchais en la faisant doucement léviter jusqu'au sol à l'endroit même où elle se trouvait et m'accroupissais à côté d'elle en cherchant parmi les feuilles qu'elle avait déjà consultée celles que la rousse aurait pu mal interpréter. Ce n'était pas les exemples qui manquaient, en particulier les premiers "chapitres" du dossier qui comprenaient les diagnostics complets, les premières recherches ainsi que les éléments recueillis sur l'accident. Il y avait beaucoup de langage administratif et médical, que même nous autres médicomages avions parfois du mal à comprendre, alors une non-initiée comme elle…


- Alors… Je sortais une feuille du tas et lui présentais devant les yeux. Là, c'est qui t'es arrivé. Avec tous les détails qu'on a pu rassembler. En particulier sur l'heure de l'attaque et le délai avant le début des soins, l'âge du loup-garou responsable et son lien avec toi ainsi que les circonstances de l'accident. Ensuite... Je prenais les quelques feuilles suivantes. Certaines étaient propres et présentaient une belle écriture alors que d'autres semblaient avoir été écrites à la hâte et présentaient des taches d'un liquide qui était de toute évidence d'origine organique. Ici c'est les protocoles de soins, et le descriptif de ce qu'on t'a fait. Avec à chaque fois le nom des membres de l'équipe au cas où y'ait un pépin. Tout y est détaillé pratiquement d'heure en heure. Mon nom devait revenir très souvent car j'avais été très présent lorsque Kathleen avait été admise à St Mangouste. Je voulais faire mes preuves en tant que médecin, et j'étais également assez affecté par l'horreur de ce qui lui était arrivé.


La porte s'ouvrait et je voyais la tête d'un collègue apparaitre dans l'encadrement. L'expression de surprise sur son visage était suffisante pour que je réponde à sa question muette. En même temps il avait raison : même dans un hôpital magique où rien n'était impossible, c'était plutôt peu commun de voir une adolescente paralysée couchée à même le sol pendant que son médecin lui tapait un bout de causette…


- J'échange avec ma patiente. Elle s'inquiète de son état et voulait avoir des précisions sur son cas. Puisque je n'ai rien à lui cacher, je fais le point avec elle.


- Je vois ça... Je venais juste te voir à propos d'elle. Elle était partie prendre une touche, alors c'était pour savoir si elle était revenue te voir où si je devais prévenir le chef et Poudlard qu'elle avait disparue.


- T'inquiètes, elle est bien là. Et je me serais chargé de prévenir la cavalerie moi-même si elle avait fait le mur.


Il acquiesçait d'un hochement de tête et allait fermer la porte lorsque je l'apostrophais, ce qui le faisait revenir.


- Hé il reste du café en salle co ?


- L'équipe de jour en a refait oui. Ils sont passés par là depuis, mais il doit y en rester assez pour deux.


Je le laissais partir devant pendant que je finissais brièvement de m'occuper de Kathleen. Tout autant irritable que j'étais, je n'allais pas la laisser sur le sol. Je la soulevais et la transférais sur le lit. Toujours incapable de bouger, je la calais assez confortablement avec les coussins et ma propre blouse roulée en boule et lançais un petit sortilège sur les feuilles que je venais de lui expliquer afin qu'elles restent à hauteur de ses yeux et qu'elle puisse les lire pendant mon absence. Alors oui, c'était déjà la deuxième fois que je l'abandonnais ce matin là ; mais il le fallait. Je devais vraiment prendre l'air et me calmer un peu sous peine que la carapace du médecin insensible à tout ne fissure pour la première fois devant la jeune et séduisante patiente. Si elle arrivait à s'adoucir un peu et à accepter les autres, je ne me faisais pas de doutes sur taux de remplissage de son lit… Mais elle allait d'abord devoir s'accepter elle-même, chose que de nombreuses victimes de lycanthropes n'arrivaient jamais à faire. Accepter sa différence et toujours garder à l'esprit qu'une partie de son corps tenterait constamment de la tuer, et ce jusqu'à la fin de ses jours. Elle était une miraculée, mais avais-je réellement fait le bon choix en la sauvant ? La vie que je lui avais offerte n'était souhaitable à personne, et pourtant tout le monde avait eu la satisfaction d'avoir réussi après des jours de soins intensifs. Peut-être que nous nous étions trompés, mais il était trop tard pour s'en inquiéter. Kathleen était en vie, et il était de mon devoir de m'assurer que sa vie retrouvait un cours aussi normal que possible.
Je récupérais une tasse dans la salle de repos et retournais vers la rousse. Elle était déjà bien assez en colère comme ça, pas la peine de rendre le reste de la journée plus invivable qu'elle allait être.


Je m'asseyais sur ma chaise de bureau et roulais jusqu'au lit où l'élève était entravée. Je feuilletais à nouveau le dossier après avoir récupéré les feuilles que j'avais laissé en guise de lecture devant les yeux de la patiente. Des comptes-rendus d'expériences, des programmes de soins ou des listes de potions, rien de bien intéressant pour elle. Je retrouvais la fameuse feuille qui l'avait mise dans un tel état et la passait également. Elle semblait n'avoir que trop bien comprit ce qui y était marqué… Les pages qui suivaient contenaient des évaluations plus récentes. J'en reconnaissais une que je sortais du lot et lui plaçais sous le nez en continuant à chercher avec l'autre main.


- Ça c'est une évaluation que j'ai fait il a quelques mois. Comme tu le vois, et si je me rappelle bien e ce que j'ai écrit, j'y parle d'une "fille toujours aussi méchante, associable et aussi irritante qu'irritable, mais qui avance dans la vie. Signes présents d'une amélioration psychologique si les bonnes conditions sont présentes. Elle s'est créé une façade inflexible pour se remettre du traumatisme, mais quiconque peut voir en dessous l'enfant intelligente qui n'attend que de vivre enfin sa vie après des mois endurés à souffrir en silence." Ou quelque chose comme ça, à un ou deux mots près. Je me trompe ?


Levant les yeux pour capter son regard en guise de réponse à cette question rhétorique, je remarquais qu'elle ne cessait de passer de mon visage à la feuille que je lui tendais ; comme si quelque chose n'allait pas. Intrigué, je tournais la page pour voir le recto et comprenais d'un coup ce qui la dérangeait. En plus de son profil psychologique à elle, je faisais parfois un check-up personnel pour m'assurer que je tenais toujours au niveau mental. Avec toutes les horreurs que j'avais à gérer, il ne fallait surtout pas que ça me monte à la tête sous peine de craquer. Si cela revenait à accepter que je n'étais pas plus cuirassé que le commun des mortels, il en allait de la longévité de ma carrière de rester clair dans ma tête. Et j'avais ce jour là réalisé les deux examens l'un après l'autre, d'où le fait qu'un post-it soit collé sur la page dédiée au dossier de Kathleen. Un post-it qui ne devait pas, et n'aurait jamais dû, s'y trouver.


Je ne suis pas responsable du venin qui la fait tant souffrir chaque fois que la lune devient pleine, mais c'est en partie à cause de moi si elle peut encore ressentir cette douleur… Je me dois de l'aider. Elle est ma première patiente, ou presque, en tant que médicomage et je pense que son cas m'a marqué plus qu'il ne l'aurait fallu. Est-ce à cause son âge, de la gravité de son accident ou le fait que j'étais alors jeune médicomage ? J'ai besoin de m'assurer qu'elle va bien, ou du moins qu'elle s'en sort. Il me semble parfois que je me comporte comme son grand-frère, et non comme son médecin… En parler à un vétéran au plus vite, je ne sais pas comment le reste va se dérouler…


Je n'avais pas fait attention à ça lors des soins bien entendu, j'avais alors le nez dans le guidon et me concentrais uniquement sur sa survie, mais ces pensées m'avaient traversées l'esprit beaucoup plus tard, lorsqu'on m'avait demandé comment je faisais pour garder le "cas Sherwood" plus longtemps que trois jours. J'enlevais le bout adhésif et le roulais en boule entre mes doigts en rangeant la feuille avec les autres.


- Le reste se compose des résultats de tes dernières visites, ainsi que l'inventaire de ce que je t'ai prescrit. D'autres questions sur ton dossier ? Elle ne pouvait naturellement pas répondre, mais je sentais qu'elle ne souhaitait pas en dire plus à ce sujet. Et de toute façon si je me trompais, elle se ferait un plaisir de m'assaillir avec ces piques acerbes dont elle avait le secret. Puisqu'on peut passer à autre chose, je me suis dit que tu allais crever la dalle après ce qui s'est passé cette nuit, alors je suis sorti te prendre quelque chose à manger. Je me baissais quelques secondes pour récupérer le sac de viennoiseries qui se tenait sous lit depuis tout ce temps et le posais sur les cuisses de la rousse. Devrait y avoir assez pour nourrir un Moremplis affamé, alors pour une ablette comme toi je pense que ça va suffire.


J'annulais le sortilège de pétrification et me laissais aller sur la chaise, ce qui me faisais reculer légèrement. Ce n'était pas voulu, mais cela tombait bien car je m'éloignais un peu des éventuels coups de la rousse.


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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Lun 22 Oct - 0:59


"S'il te plaît..."
C’était injuste ! Si Kathleen avait eu sa baguette sur elle, elle aurait pu se défendre ! Sam avait été bien trop rapide : elle n’eut pas le temps d’éviter le maléfice du saucisson qui l’immobilisa immédiatement. Elle se sentit basculer vers l’avant, mais le médicomage avait dû lancer un sortilège informulé pour l’empêcher de tomber, car elle retrouva sa droiture. Elle aurait voulu serrer la mâchoire pour faire part de son mécontentement, mais celle-ci était bloquée, comme tout le reste de son être hormis ses yeux. Elle ne put que relever et plisser ces derniers lorsque Sam s’approcha d’elle. L’homme qui la surplombait de sa hauteur la salua tout d’abord, l’affublant d’un surnom qu’il ne lui donnait que depuis peu. Il lui fit ensuite une petite leçon de morale que la rousse accueillit en roulant ses yeux dans leur orbite.

« C'est de ma faute si tu as pu lire le tien, mais puisque t'as pas dû en comprendre la moitié on va le reprendre ensemble. »

Oui en effet, c’était de sa faute, et il ne pouvait en vouloir qu’à lui-même. Toute personne normalement constituée aurait cherché à savoir ce qu’un médicomage qui la suivait depuis des années avait écrit à son sujet. Il ne pouvait donc pas réellement reprocher à Kathleen d’avoir parcouru les pages recouvertes de notes qui la concernaient. D’un coup de baguette, Sam fit léviter la Serpentard qui rejoignit doucement le sol. Elle n’aimait pas du tout le fait d’être incapable de se mouvoir par elle-même, mais elle n’en montrait rien. Eparpillant les feuilles à côté du corps immobile de la rousse, le sorcier sortit rapidement du tas une feuille qu’il plaça devant ses yeux, se mettant à la commenter de sa voix grave. Il en prit ensuite une autre et expliqua :

« Ici c'est les protocoles de soins, et le descriptif de ce qu'on t'a fait. Avec à chaque fois le nom des membres de l'équipe au cas où y'avait un pépin. Tout y est détaillé pratiquement d'heure en heure. »

Kathleen parcourut la feuille de ses yeux brun-vert avant de les glisser dans ceux de Sam pour lui faire comprendre qu’elle avait fini de lire. Elle le regardait du coin de ses yeux. Pourquoi prenait-il le temps de lui expliquer tout cela ? Il aurait simplement pu lui dire qu’elle n’avait pas à lire son dossier médical et qu’elle n’avait aucun droit de lui reprocher ce qu’il y avait écrit, mais non... Il était patiemment en train de lui expliquer les choses. Kathleen en était presque touchée. Oui : presque. N’oublions pas qu’on parle de Sherwood, donc même si elle se trouvait dans la phase la plus calme du cycle lunaire, elle restait l’insensible qu’elle était aux yeux de tous... Ou presque. La porte s’ouvrit et un médicomage passa la tête dans l’entrebâillement. Sam s’empressa d’expliquer :

« J'échange avec ma patiente. Elle s'inquiète de son état et voulait avoir des précisions sur son cas. Puisque je n'ai rien à lui cacher, je fais le point avec elle. »

Bien que le collègue du brun ait semblé être en premier lieu surpris par la situation, il ne fit pas de remarque autres que « je vois ça ». Les sorciers et sorcières qui travaillaient à cet étage n’étaient plus autant étonnés qu’avant de voir ce qui pouvait arriver lorsque Kathleen était dans leur service. Ils avaient laissé le « cas Sherwood » à Sam et ne cherchaient pas à critiquer la manière dont le médicomage s’y prenait, sans doute de peur de se retrouver avec le dossier de la rousse sur les bras. Le nouveau venu expliquait d’ailleurs qu’il était passé voir si la patiente avait regagné sa chambre. Se rendait-il compte qu’elle n’avait plus cherché à fuguer de Sainte-Mangouste depuis plus d’un an ? Sans doute pas. L’homme s’en alla puis Sam transféra sur le lit la rousse toujours allongée.

Il prit le temps de la caler correctement sur les coussins puis fit voleter d’un sortilège les quelques feuilles qu’il lui avait présentées jusqu’alors pour qu’elle puisse les relire. Suivant de son regard le médicomage qui s’en allait, la rousse n’eut pas d’autres loisirs que celui de parcourir à nouveau les feuilles. Sam était le sorcier le plus souvent mentionné dans la liste des personnes présentes lors des différents soins que Kathleen avait subis. A vrai dire : il avait assisté à presque l’entièreté des opérations. Le brun revint finalement dans la pièce avec une tasse de café dans la main. Il s’installa sur la chaise de bureau et présenta une nouvelle feuille à la rousse. Elle contenait bien les informations qu’il avait récitées de tête, mais également un petit post-it que la Serpentard n’était sans doute pas censée lire, mais... Trop tard.

*Donc mon cas l’a marqué et... Il a l’impression de se comporter comme un grand frère avec moi ? Bah top ! Génial ! J’connais pas sa famille, mais s’ils s’envoient en l’air entre frères et soeurs, les réunions familiales doivent sans aucun doute être fort animées !*

Kathleen tenta de capter le regard de Sam afin de le fusiller via ses yeux. Elle ne savait pas de quand datait ce post-it, mais elle espérait sincèrement qu’il l’avait écrit avant qu’ils ne s’offrent l’un à l’autre lors de leur dernière rencontre. Comme si de rien n’était, le médicomage retira le Post-it et poursuivit la discussion, lui annonçant qu’il lui avait amené de quoi manger. Des croissants. Un gros paquet rempli de croissants. Sam était définitivement un gentleman. Retrouvant sa capacité à bouger, Kathleen se redressa et croisa les jambes avant de ramener derrière ses oreilles ses cheveux encore mouillés qui avaient trempé le coussin. Sans un mot, elle renifla et s’empara du sac de croissants, évitant de croiser le regard du sorcier. Son visage était dénué de toutes expressions.

Dévorant un premier croissant, elle ralentit sa cadence lorsqu’elle en entama un second. Sa gorge commençait à se serrer tandis qu’elle repensait à ce que Sam avait écrit à son sujet sur la dernière feuille qu’elle avait lue attentivement. Etait-ce parce qu’elle n’était pas d’accord avec le portrait qu’il y avait dressé ou, au contraire, parce qu’elle était dérangée à l’idée qu’il ait pu la cerner avec autant de justesse ? Les yeux rivés sur ce qu’elle mangeait, elle renifla un coup, sentant qu’elle commençait à s’enrhumer gentiment mais surement à cause de sa chevelure humide. Elle avait cependant trop de fierté pour demander à Sam de lui sécher magiquement sa tignasse. Terminant son deuxième croissant, elle se leva et, sans un mot ni un regard pour le brun, quitta la pièce, laissant la porte ouverte derrière elle.

Dans le couloir, deux médicomages étaient penchés sur un dossier. La femme était en train d’expliquer à son collègue qu’il devait chercher un médicament en particulier pour l’administrer à un patient. Elle n’avait apparemment pas le temps de s’en charger elle-même. Kathleen profita de leur concentration pour s’emparer subtilement de la carte de la sorcière : elle savait que cette carte permettait aux guérisseurs d’accéder à certains endroits du bâtiment. Il n’y avait pas besoin de la passer devant un quelconque détecteur : le simple fait de l’avoir sur soi suffisait à déverrouiller les portes. Aussi discrète qu’un coup de vent, elle se faufila dans l’ascenseur du personnel qui, heureusement, était vide et pressa le bouton du cinquième étage à pas moins de sept reprises, pensant sans doute que plus elle appuyait, plus vite les portes se refermeraient. C’est alors que l’ascenseur se mit à monter.

*T’arrêtes pas, t’arrêtes pas, t’arrêtes pas...*

A chaque étage qu’elle passait, la rousse avait le coeur qui se serrait, croyant que l’ascenseur allait s’arrêter et que les portes s’ouvriraient sur un sorcier ou une sorcière en blouse blanche. Il fallait cependant croire que Kathleen avait ce jour-là de la chance, car elle rejoignit le cinquième étage sans encombres. Elle remerciait intérieurement la jeune femme à qui elle avait réussi à subtiliser la carte, le Docteur Green, car si elle était tombée sur quelqu’un de plus attentif, elle n’aurait pas pu se rendre là où elle s’apprêtait à aller. Profitant du fait que la boutique et le salon de thé soient presque inoccupés, elle se faufila jusqu’à la porte qui ne s’ouvrit devant elle que parce qu’elle avait sur elle la fameuse carte magique. Kathleen se retrouva devant une petite volée de marches qu’elle gravit sans hésiter.

Arrivée en haut, elle ouvrit la dernière porte qui la séparait du lieu qu’elle désirait rejoindre : le toit de l’hôpital. L’endroit avait été aménagé en une sorte de terrasse où les médicomages venaient parfois boire leur café lorsque le temps le leur permettait ou fumer leur cigarette pour les rares guérisseurs qui avaient cette mauvaise habitude. Il y avait donc trois tables rondes chacune entourée de trois ou quatre chaises. L’air frais vint caresser les joues de la Serpentard. Prenant une profonde inspiration, elle laissa la porte se refermer derrière elle. Ignorant les chaises, elle s’approcha du petit rebord de pierre derrière lequel s’ouvrait le vide. Elle s’y installa en tailleur avant de laisser son regard se perdre sur les toits londoniens qui s'étendaient à perte de vue et qui étaient faiblement éclairés par le soleil levant.

Kathleen n’était venue sur cette terrasse qu'une seule et unique fois, il y avait un peu plus d’un an, mais jamais personne ne l’avait su. Elle avait entendu un jour deux apprentis se donner rendez-vous sur le toit pour y boire leur café. La rousse avait mis un peu de temps à comprendre comment ouvrir la porte qui menait à ce lieu. Lorsqu’elle était venue, le vent qui soufflait sur la ville avait suffi à décourager les médicomages de mettre leur nez dehors, ce qui lui avait permis d’y rester une vingtaine de minutes sans être dérangée. Quand elle avait fait son retour dans les étages inférieurs, Sam lui avait passé un savon après lui avoir demandé où elle était partie. Elle lui avait dit qu’elle s’était juste promenée dans les étages, mais cette réponse ne l'avait apparemment pas convaincu.

Elle était donc à nouveau seule sur ce muret, les jambes dénudées et les pieds gelés. Elle éternua après une minute seulement, mais elle ignora son nez qui picotait pour continuer à admirer le spectacle qui s’offrait à elle. Même à Poudlard, elle n’avait jamais assisté à un lever de soleil aussi beau... Sans doute parce qu’elle ne s’était jamais levée assez tôt pour assister aux premiers rayons du jour. Si la température de l’air avait été un poil plus froide, sans doute que la chevelure flamboyante de la demoiselle aurait fini par geler. Kathleen croyait qu’elle avait besoin d’être seule... Il y avait cependant une grande différence entre ce qu’elle croyait vouloir et ce qu’elle espérait secrètement.

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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Ven 2 Nov - 23:32



Une potion, ou quand l'expérience revient comme un boomerang

Je la voyais partir, et ne disais rien. Ce n'était pas une prison, elle était libre de se déplacer dans l'hôpital sans avoir un gardien constamment dans les pattes. Je n'étais pas inquiet, elle n'allait pas s'enfuir. La dernière tentative remontait à plusieurs mois, et elle commençait à être connue par ici. Elle ne franchirait pas les portes de l'accueil si facilement que ça, surtout avec sa tenue du moment. Elle avait peut-être simplement oublié quelque chose dans la salle de bain, ou avait simplement envie de marcher un peu après être restée allongée dans son lit pendant des heures. Et c'était bien possible vu la raison de sa présence à l'hôpital. La lycanthropie était une maladie difficile à cerner, même après tous ces siècles de recherche, et Kathleen présentait un cas à la sévérité tellement fluctuante qu'il était presque impossible d'en prédire les évolutions. Il était tout à fait probable qu'elle ait éprouvée le besoin soudain d'aller galoper dans les couloirs simplement parce que l'exigeait la partie animale qui s'était développée en elle le soir où elle avait été attaquée. Ou alors elle allait simplement aux toilettes.  



Deux minutes passaient. Puis trois, puis cinq. J'avais pris le temps de ranger correctement les feuilles du dossier, mais là ça commençait à m'inquiéter un peu. Je remarquais que l'oreiller était trempé, j'avais complètement oublié de sécher les cheveux de la demoiselle et je pensais qu'elle l'aurait fait d'elle-même, mais elle n'avait visiblement pas eu le courage de se battre contre sa tignasse humide avec une simple serviette…

Je sortais dans le couloir et ne la voyait pas. Elle n'était pas non plus dans la salle de bain de l'étage où elle s'était douchée. Mais elle était où bon sang ?! On était dans un hôpital, pas dans une maison hantée ! Impossible d'y disparaître de la sorte sans être vu ou au moins entendu !
A quelques mètres de là se trouvaient deux collègues, et elle ne pouvait avoir quittée l'étage sans passer devant eux.


- Hé ! Ils se retournaient lorsque je les apostrophais, et semblaient inquiets. Vous avez pas vu Sherwood ?


- Désolé, on s'occupait du type en 189 ! C'était la femme qui me répondait, après avoir échangée un regard avec son homologue. T'aurais pas entendu parler d'un badge qui trainait par hasard ? J'ai perdu le mien ce matin, et je l'avais forcément en arrivant… 


- Un badge ? Désolé Green, j'ai rien vu…


Elle n'était pas loin. Elle ne pouvait pas être loin. Je retournais dans la chambre où j'avais installé la rousse, en cherchant à me convaincre qu'elle était restée dans le bâtiment et se cachait simplement dans un placard, à vomir les deux croissants qu'elle venait d'avaler. Je récupérais le dossier qui était resté sur le lit ainsi que le sac de croissants et retournais dans mon bureau, de plus en plus inquiet. Au point de lancer mon Patronus à la recherche de la rousse après avoir déverrouillé la porte. C'est lorsque je posais l'ensemble de feuilles que les pièces s'assemblaient dans ma tête. Si personne n'avait vu ma patiente, c'était peut-être parce qu'elle se déplaçait sans être vue. Cela nécessitait d'avoir un badge, mais ma collègue avait justement égarée le sien… Je balançais les viennoiseries dans un gros sac que je gardais dans le bureau lorsque j'étais de garde. Des affaires de rechange, des bouquins… Grosso modo de quoi survivre pendant un jour ou deux. 

Je laissais à mon occamy la charge de surveiller les autres services et me dirigeait directement au cinquième étage. Je voulais faire confiance à la jeune femme et n'allais pas vérifier les accès du personnel tout de suite. Si elle était plus que capable de sortir dans la rue avec une blouse de l'hôpital, je croyais fermement que ce n'était pas le cas. Après tout elle était partie soudainement au milieu de son petit déjeuner et peut-être qu'elle voulait manger un muffin à la place d'un croissant ? Il y avait des moments où il ne fallait pas chercher de logique aux réactions de la demoiselle : Kathleen avait sa logique, et personne ne pouvait réellement la comprendre. En tout cas pas tant qu'elle resterait aussi fermée aux autres qu'elle l'était. 


La cabine se stabilisait et les portes s'ouvraient sur un étage vide. J'y pénétrais complètement désabusé. Si la rousse n'était pas là, alors je ne savais pas où elle pouvait être. Vraiment pas. Avait-elle vraiment quitté St-Mangouste ?  C'était donc comme ça que ma confiance était récompensée ? Je ne voulais pas le croire. Je refusais de croire que les progrès réalisés depuis des mois n'avaient servis à rien. Kathleen était une fille intelligente, très intelligente même, et cela n'avait pas de sens qu'elle se comporte ainsi. Elle venait de passer une nuit d'enfer à peine suivie d'une matinée plus ou moins sympathique, mais de là à tout foutre en l'air ? Je me prenais le visage entre les mains en soupirant. C'était parti pour un rapport au chef et un appel au Ministère… Oui, allô la police ? J'ai perdu une sorcière. Quoi ? Non, non elle n'est pas en haut d'un arbre. A la fourrière peut-être… Bien sûr qu'elle est vaccinée ! Pas de puce ou de tatouage par contre. Et oui, elle mord. Fort en plus. C'est le moment que choisissait un occamy bleuté pour apparaître devant moi. Comme je m'y attendait, il ne l'avait pas trouvé non plus et s'évaporait doucement jusqu'à ne plus exister. Je regardais mes pieds, autant en colère contre moi et Sherwood que déçu de mon manque de clairvoyance. Je m'étais trop rapproché de la jeune femme, et elle en avait profitée pour me rouler. 

De l'eau. Là, par terre, juste à coté de moi. Une tache, à peine quelques gouttes ; mais suivie d'une autre. Et encore d'une autre. Qui formaient ainsi une petite traînée de quelques mètres tout au plus. Ce n'était rien qu'un peu d'eau, mais cela me confirmait qu'elle était passée par là. C'était probablement complètement faux, mais je voulais désespérément me raccrocher à l'espoir que ma patiente n'avait rien fait de trop grave. Car avec elle il fallait obligatoirement redéfinir l'échelle de gravité des événements…
Bon elle était passée par là, d'accord. Mais il n'y avait personne au salon de thé ni à la boutique. Et ce n'était pas non plus son genre de faire quelque chose inutilement. Cependant le cinquième étage ne menait nulle part. Sauf sur le toit du bâtiment, mais il fallait un badge pour y accéder. Un badge que Kathleen avait en sa possession, j'en étais certain.  


J'étais accueillis par un courant d'air froid dès que je mettais un pied sur la terrasse. L'endroit n'était pas grand, et je la voyais presque immédiatement. Elle était de dos, mais facilement reconnaissable : longs cheveux de feu, blouse de malade sur elle et probablement le visage fermé, triste ou pensif. Mais surtout, elle était assise sur le muret, au bord du vide. Elle m'avait entendu débouler sur le toit, alors pas la peine d'essayer d'être discret.
Mais d'abord le vide. J'avais là une demoiselle au bord du gouffre, dans un état psychologique loin d'être bon. Sans réfléchir j'invoquais mon Patronus pour qu'il aille rapidement mais gentiment s'enrouler autour d'elle et l'empêcher de tomber. Sa forme serpentine allait être utile cette fois…


- Kathleen… Je m'avançais vers elle sans en dire plus. Je voulais lui passer un sacré savon mais j'avais tellement de compassion pour elle que je ne pouvais le faire, sans doute à cause de la fatigue. Je n'avais pas envie de me battre, pas aujourd'hui. Je réalisais en m'accroupissant à coté d'elle (et du bon coté du muret) que j'avais eu peur. Elle n'était pas suicidaire, et ne se serait jamais laissé tomber. Elle s'accrochait bien trop à la vie pour se l'enlever, et ma réaction avait été totalement décalée. La tête posée sur une aile, l'occamy semblait me regarder et juger lui-aussi ma réaction. Je lui murmurais un remerciement en le faisant disparaître et portait mon attention sur la rousse. Elle ne disait rien, mais je l'entendais renifler. Entre le froid et sa chevelure humide, elle avait attrapé un rhume… Je lui séchais donc rapidement les cheveux du mieux que je pouvais, car ce sortilège n'était pas celui que j'utilisais le plus… Aussi près d'elle, je voyais qu'elle avait la chair de poule. Je lui passais ma blouse sur le dos et utilisais une manche pour lui essuyer le nez. Je prenais juste le temps de chauffer l'habit d'un coup de baguette. Il ne retiendrait pas la chaleur très longtemps, mais cela ferait du bien à la demoiselle. 


- En fait t'es plus écureuil que renard. Tu vas attirer l'attention à toi, c'est pas courant ici un écureuil volant… 


Je ne pouvais m'empêcher d'afficher un petit sourire. C'était très, très rare en présence de Kathleen. Mais pas impossible. Affaiblie par la fatigue, l'armure normalement revêtue lors des entrevues avec la rousse était simplement évaporée.
Les yeux perdus dans le vague, je regardais le lever de soleil. Je le voyais rarement depuis Londres, bien souvent trop occupé avec mon travail. Et je dois dire que celui-là était aussi beau que froid. Calme aussi, alors que nous étions au centre de la métropole. Incroyable comment un matin pouvait être si apaisant après autant d'événements. Un calme qui ne durait que quelques instants, trop rapidement interrompu par l'arrivée bruyante de deux jeunes. Je faisais immédiatement face aux intrus et les fusillais du regard. Bras dessus, bras dessous, ils semblaient plus que prêts à se réchauffer mutuellement dans la froideur du mois de novembre… Apparemment complètement surpris de trouver quelqu'un d'autre qu'eux sur le toit à cette heure, et surtout avec ce temps, ils se stoppaient net en nous voyant. Enfin en me voyant surtout. 


- Z'avez pas mieux à faire ?
attaquais-je d'un ton sec. Williams, tu lâche ton chéri et tu va me chercher un bécher à décanter le venin. Si jamais je te revois avant que tu ne l'aies trouvé, je te promets que tu vas regretter d'avoir quittée la réserve. Elle décampait sans demander son reste, échangeant à peine un regard avec son copain. Quant à toi Hudson… Je regardais ce stagiaire en plissant les yeux. Mon stagiaire. Il y a un sac dans mon bureau. Bleu marine avec des bandes rouge. Et tu vas me l'amener vite. Plus vite que si un Dent de Vipère t'avait désigné comme futur petit-déjeuner. Et ensuite tu vas aller vérifier l'inventaire de la section des morsures graves. Que tout soit remplis et approvisionné, voire même prêt à affronter un siège. Il filait droit sans demander son reste, toujours sous le poids de mon regard.    


Le calme revenu, je reportais mon attention sur Kathleen. Elle n'avait pas bougé, et semblait comme figée ; mais je savais qu'elle était toujours bien consciente de ce qui l'entourait. 


- Et aussi, tu penseras quand même à rendre sa carte à Green. Je ne peux pas tout faire passer sous couvert que tu t'améliore, en particulier la disparition d'un passe-partout… Et puis faudrait arrêter de venir ici. Tu vas te faire dégommer si quelqu'un te trouve ici toute seule. Et je vais y passer si on nous trouve ici tout les deux. Alors pour cette fois ça va aller, c'est deux stagiaires alors ils vont rien dire mais fais gaffe. Parler des deux jeunes me faisait sourire. Ils allaient à l'encontre d'une dure matinée… Je sais pas lequel des deux est le plus à plaindre. Elle va chercher un moment, un bécher à décanter ça n'existe pas. Et n'importe quel médecin à qui elle va poser la question va jouer le jeu et la faire tourner en bourrique. Lui en revanche, il va s'amuser avec une liste interminable et pas mise à jour depuis des années ; je sais même pas si la moitié des potions marquées sont encore utilisées…


Le jeune homme revenait au même moment et me donnait le sac avant de disparaître. J'enlevais ma blouse des épaules de la rousse pour la remplacer par une couverture que je tirais du sac. Avec ça elle devrait ne plus avoir trop froid. Je sortais également les croissants et le thermos qui lui était toujours fourré au fond du sac. Ne jamais partir sans, car je ne savais jamais quand je pourrais rentrer. Je levais la tête et voyais qu'elle n'avait pas bougé. Elle attendait quelque chose, j'en étais certain. Sans y réfléchir, sans même avoir vraiment conscience de ce que je faisais, j'enjambais le muret et m'asseyais à côté d'elle. Les jambes dans le vide, je passais une main sur son épaule opposée et la tirais vers moi en calant sa tête dans le creux de mon cou. 


C'était moi, ou est-ce que le lever de soleil était plus beau qu'il ne l'était quelques minutes auparavant ?

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MessageSujet: Re: Chambre n°125   Mer 21 Nov - 14:45


"S'il te plaît..."
En entendant la porte s’ouvrir derrière elle, Kathleen resta parfaitement immobile. Elle ne savait pas s’il s’agissait de Sam ou d’un autre médicomage, mais elle n’avait ni la force ni l’envie de se retourner pour voir qui était le sorcier ou la sorcière qui venait de pénétrer sur la terrasse. Elle se doutait que si une autre personne en blouse blanche que Sam la surprenait ici, elle se ferait réprimander et rapidement raccompagner à sa chambre. Il y avait d’ailleurs de fortes chances pour que le brun réagisse de cette même manière. Le nouveau venu ou la nouvelle venue ne prit pas immédiatement la parole. Est-ce qu’il ou elle voyait en Kathleen une potentielle adolescente suicidaire ? Peut-être. Cela expliquerait ce soudain silence seulement brisé par la porte qui se refermait lentement. La rousse n’était pas suicidaire, mais il fallait dire que son actuelle posture pouvait donner l’impression qu’elle était sur le point de savourer une petite chute libre dont la fin ne serait pas belle à voir.

Se tenant toujours droite, la Serpentard comptait les secondes qui s’écoulaient avant que l’alarme ne soit sonnée pour alerter des spécialistes qui viendraient tenter de la convaincre que la vie mérite d’être vécue. D’ailleurs, il y avait de fortes chances pour qu’une telle alarme ait déjà été déclenchée, mais de manière silencieuse afin de ne pas pousser la potentielle suicidaire à sauter dans le vide plus tôt que prévu pour rejoindre la mort. Kathleen savait parfaitement la distance qui la séparait du sol et pourtant, elle ne semblait pas être effrayée par le vide. Pour dire vrai, la rousse elle-même ignorait ce dont elle avait peur. Si un jour elle se retrouvait face à un Epouvantard, autant vous dire qu’elle le supplierait de prendre la forme de sa plus grande peur afin qu’elle puisse la découvrir. Contre toute attente, un Patronus au long corps vint s’enrouler autour d’elle. Etait-ce un Serpent ? Non. Un Occamy.

« Kathleen... »

La demoiselle reconnut immédiatement cette grave voix. Elle n’eut pas à se retourner pour en avoir le coeur net : c’était bel et bien Sam qui avait fait son entrée sur la terrasse. Continuant à lui tourner le dos, elle l’ignorait royalement tandis qu’il s’approchait d’elle. Contrairement à ce à quoi elle s’attendait, le médicomage ne lui hurla pas dessus. Etait-il trop fatigué pour lui faire comprendre qu’elle était une gamine immature et que son comportement mériterait qu’elle se prenne une énorme gifle ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, le sorcier se contenta de s’accroupir à ses côtés et de faire disparaître l’Occamy bleuté. Il connaissait Kathleen : il savait donc qu’elle n’était pas suicidaire, ce qui rendait d’autant plus étrange le fait qu’il ait jugé utile de faire apparaitre son Patronus... Se contentant de renifler, la rousse continua à faire comme si elle était seule. Sam comprit alors que sa tignasse était encore trempée et décida de remédier à ce souci d’un coup de baguette.

Après lui avoir passé sa propre blouse sur ses épaules et avoir essuyé le bout de son nez, Sam réchauffa magiquement le tissu blanc que la Serpentard agrippa pour le maintenir serré autour d'elle. Le sorcier était en train de s’occuper de sa patiente comme un père se serait occupé de sa fille. C’était très étrange et, en même temps, adorable de voir le médicomage prendre ainsi soin de la rousse qui lui en faisait pourtant voir de toutes les couleurs depuis des années. Leur relation était très singulière. Ils passaient de la haine et l’agacement à la tendresse en un rien de temps. Comme chien et chat, ils se cherchaient des noises, ne pouvant cependant pas s’empêcher de s’apprécier. Kathleen n’avouerait jamais ce qu’elle ressentait pour l’homme : ah ça non ! Elle était bien décidée à faire passer ce qu’elle éprouvait pour lui pour de la simple attirance physique, sans sentiments sous-jacents. Les yeux rivés sur la demoiselle, Sam s’adressa à elle :

« En fait t'es plus écureuil que renard. Tu vas attirer l'attention à toi, c'est pas courant ici un écureuil volant… »

La sorcière ne laissa rien paraître de ce qu’elle ressentit en entendant cela : elle resta par conséquent de marbre. Elle aurait pu éclater de rire sans avoir à feindre son amusement qui était bel et bien sincère, mais elle ne voulait pas donner à Sam cette satisfaction d’avoir brisé si rapidement sa carapace. M’enfin... Rapidement : tout est une question de point de vue ! Cela faisait des années que le jeune homme tentait de la faire se comporter autrement que comme une garce et, même s’il était en train d’arriver gentiment mais sûrement à obtenir d’autres réactions de la part de la rousse, cette dernière n’était pas prête de le laisser comprendre ce qu’elle ressentait ou ce qu’elle pensait. Elle n’était pas prête de s’ouvrir, ni à lui, ni à qui que ce soit d’autre. Sam dut comprendre qu’elle n’allait pas lui parler, car le silence s’installa. Il ne fut brisé que par l’arrivée de deux personnes sur la terrasse.

*Quel enfoiré*

Ce fut la seule pensée qui traversa l’esprit de Kathleen. Sam s’était comporté avec elle comme s’il ne la croyait pas suicidaire, mais il avait, par derrière, communiqué à des renforts l’emplacement de la patiente récalcitrante pour qu’ils viennent la déloger de son perchoir. Dans quelques secondes à peine, les nouveaux venus s’empareraient de l’adolescente et l’emmèneraient sans doute à l’étage des soins psychiatriques, de ça, la Serpentard en était persuadée. Ce ne serait pas la première fois que Kathleen y passerait quelques jours. Elle avait été sortie de ce calvaire du jour au lendemain sans savoir comment ni pourquoi... Elle avait jusqu’alors soupçonné Sam d’avoir fait pression pour qu’elle sorte de cet endroit infernal, mais voilà qu’il voulait l’y faire retourner ! Elle avait donc dû se tromper... Non ? Elle s’apprêtait à se retourner afin d’administrer au médicomage la gifle qu’il méritait pour lui avoir fait ce coup bas, mais ce dernier prit la parole sur un ton sec, ce qui la stoppa dans son intention.

« Z'avez pas mieux à faire ? »

Sans bouger, Kathleen écouta la suite des paroles de Sam. Elle comprit bien vite qu’elle avait fait erreur : il n’avait pas communiqué leur emplacement à qui que ce soit, et les nouveaux venus n’étaient pas là pour lui enfiler une camisole de force. Ne se retournant pas, elle continuait de fixer l’horizon. Sa mâchoire, qu’elle avait crispée à l’arrivée des deux apprentis, se desserrera petit à petit jusqu’à se détendre. Lorsque Sam eut fini de donner des missions aux stagiaires et que ceux-ci furent partis, il s’adressa à sa patiente, mentionnant entre autres la carte qu’elle avait subtilisée pour se rendre sur cette terrasse. La porte se rouvrit et le dénommé Hudson apporta au médicomage ce que ce dernier lui avait demandé avant de déguerpir. Sam récupéra sa blouse et déposa sur les épaules de Kathleen une couverture, puis il sortit de son sac le paquet de croissants et un thermos. La demoiselle ne broncha pas.

S’installant à côté d’elle après avoir déposé le thermos et le paquet de viennoiseries derrière le petit muret, Sam se permit un geste auquel la rousse ne s’attendait pas : il passa un bras derrière elle et la tira contre lui, la menant par ce geste à nicher sa tête dans le creux de son cou. Ce parfum... Ce doux parfum : celui qui avait toujours rassuré Kathleen et qui l’avait accompagnée lors des moments les plus difficiles de sa vie. Fermant les yeux, l’adolescente eut l’étrange impression que son nez s’était débouché de lui-même pour qu’elle puisse savourer pleinement cette senteur qu’elle appréciait tant. Se rendant compte qu’elle était littéralement enivrée par le parfum de Sam comme pouvait l’être un sorcier en présence d’une Plante à Pipallion, elle se détacha soudainement de lui, comme si elle redoutait brusquement qu’une chose bien précise se produise... Une chose qui, malheureusement pour elle, s’était déjà produite.

S’emparant du thermos qui se trouvait derrière elle, elle tenta de l’ouvrir, mais ses doigts gelés ne parvinrent pas à faire tourner le bouchon que le médicomage avait trop bien vissé. Sans un mot et sans un regard pour Sam, elle lui tendit l’objet, lui faisant comprendre par ce simple geste qu’elle ne parvenait pas à l’ouvrir elle-même. Comme s’il s’était agi de la tâche la plus simple du monde, le sorcier dévissa sans peine le bouchon et rendit le thermos désormais ouvert à la rousse. Buvant lentement une gorgée du liquide brûlant, Kathleen se remit à admirer le lever du soleil. Après l’avoir refermé, elle remit la boisson par terre derrière elle. Son regard croisa alors celui de Sam. Comme si elle n’était plus maître de ses faits et gestes, la Serpentard déposa machinalement ses doigts froids sur la joue de l’homme et approcha son visage du sien, l’embrassant avant même que son cerveau ne puisse la ramener à la raison.

Kathleen Sherwood jouait un jeu dangereux. Elle le savait, mais c’était trop tard. A peine ses lèvres eurent elles rencontré celles de Sam qu’un échange torride s’engagea. La couverture glissa des épaules de la jeune fille et tomba derrière elle, recouvrant le thermos et les croissants. Ses deux mains tenaient désormais le visage de l’homme et, sans réfléchir à la dangerosité de son acte, elle passa l’un de ses genoux de l’autre côté du médicomage, finissant ainsi par être assise à califourchon sur lui, tournant le dos au soleil levant et au vide qui se trouvait maintenant derrière elle. Après un instant, elle mit fin à l’échange et écarta son visage de celui de Sam. Ouvrant lentement ses paupières, elle plongea son regard dans le sien, s’apprêtant apparemment à dire quelque chose sans que le moindre son ne s’échappe pour autant d’entre ses lèvres entrouvertes.

Codage par Libella sur Graphiorum


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